Le Débat, n°175, mai-août 2013

SOMMAIRE

– Difficile enseignement de l’histoire par Pierre Nora

ENSEIGNER L’HISTOIRE DE FRANCE

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’enseignement de l’histoire est bousculé du dehors et du dedans, du dehors par des doutes sur son utilité, et du dedans par des appels à sa redéfinition. Il était indispensable à cet égard de commencer par remettre les perplexités actuelles en perspective historique. Patrick Garcia retrace les étapes de l’évolution de la discipline. Hubert Tison rappelle les combats récurrents auxquels son sort a donné lieu sous la Ve République.

Le débat sur les programmes a été relancé récemment à propos du collège, puis du lycée. Laurent Wirth, qui a présidé à leur confection, revient sur les conditions de leur élaboration et sur les choix effectués. Dominique Borne, qui l’a précédé dans les mêmes fonctions, tire les leçons de son expérience en la matière. Olivier Grenouilleau se penche sur l’image de la discipline et sur son rôle réel dans le système d’enseignement.

L’un des grands ébranlements d’aujourd’hui résulte de la globalisation et de la relativisation du cadre national qu’elle opère. Comment et jusqu’où intégrer les apports de l’histoire globale, se demande Christophe Charle ?

La vieille association, très française, entre histoire et géographie est secouée par les évolutions, pas forcément convergentes des deux disciplines. Christian Grataloup s’interroge sur l’avenir de la géographie à l’école.

Mais peut-être l’heure est-elle venue d’un changement de philosophie radical de l’enseignement de l’histoire, suggère Krzysztof Pomian. À une démarche classique allant du passé vers le présent, ne convient-il pas d’en substituer une autre, remontant du présent vers le passé ?

Les péripéties de la discipline par Patrick Garcia
La bataille de l’enseignement. L’histoire sous la Ve République par Hubert Tison
Définir les programmes par Laurent Wirth
Quelle histoire de France enseigner ? par Dominique Borne
L’histoire à l’école. Représentations, enjeux, perspectives par Olivier Grenouilleau
Histoire globale, histoire nationale ? Comment réconcilier recherche et pédagogie par Christophe Charle
La géographie scolaire sans boussole par Christian Grataloup
Partir du présent par Krzysztof Pomian

LA PAROLE AUX ENSEIGNANTS

Qui de mieux placé que les enseignants pour apprécier les difficultés de l’enseignement de l’histoire aujourd’hui ? Se tourner vers leur témoignage était nécessaire. La difficulté est qu’ils sont nombreux, qu’ils travaillent dans des conditions très différentes, devant des publics divers. On aura une idée de cette variété en lisant ces contributions qui ne prétendent pas pour autant constituer un « échantillon représentatif ». Nous remercions vivement Jérôme Chastan, Éric Froment, Mara Goyet, Patrick Guyot, Bernard Poulhès (et les élèves qu’il a pris l’initiative de solliciter) et Alexandre Saintin d’avoir bien voulu nous livrer leur point de vue sur l’exercice de leur métier.- Guillaume Bachelay, Archéologie ou nécrologie ?

Histoire discontinue ou « nouveau roman » national ? par Jérôme Chastan
Une mémoire raisonnée par Éric Froment
Des armes de transmission massive par Mara Goyet
Comprendre et apprendre par Patrick Guyot
Fin de l’histoire ? Témoignages sur l’enseignement de l’histoire-géographie par Bernard Poulhès
La passion de s’interroger par Alexandre Saintin

CHEZ NOS VOISINS EUROPÉENS

Nos préoccupations ne sont-elles qu’à nous, Français ? Comment s’y prennent nos voisins ? Quels sont leurs problèmes ? En voici quatre échantillons.

Quatre pays, quatre traditions et quatre séries d’interrogations différentes, témoignant de rapports au passé très spécifiques. Rainer Bendick et Étienne François montrent comment le système fédéral et le souci de développer les compétences des élèves plutôt que leurs connaissances façonnent en Allemagne un type d’enseignement fort éloigné du modèle français. Antonio Brusa met en relief le poids des partages idéologiques et politiques dans le cas italien. Richard J. Evans fait ressortir les tensions entre une vision insulaire et une vision tournée vers le grand large qui travaillent l’enseignement anglais. Willem Frijhoff met en lumière, aux Pays-Bas, le repli sur un « canon » national moderne dans sa forme et conventionnel dans son fond.

Il est au moins une première leçon à tirer de ce paysage varié, c’est que l’unification de ces histoires au sein d’une histoire européenne consensuelle n’est pas pour demain.

Allemagne : fédéralisme et compétences par Rainer Bendick et Étienne François
Italie : les déchirures du présent par Antonio Brusa et Gérald Larché
Angleterre : l’île ou le monde ? par Richard J. Evans et Pierre-Emmanuel Dauzat
Pays-Bas : canoniser la nation ? par Willem Frijhoff

VERS LE PUBLIC

L’enseignement de l’histoire est lié d’une manière particulière au goût du public pour la connaissance historique, sous ses formes savantes ou populaires. Il était intéressant à ce titre de se faire une idée de ses préférences.

Les revues de vulgarisation ont en France une solide tradition. Claire Blandin en reconstitue le panorama. Dans ce paysage, la « revue et magazine » L’Histoire représente un cas à part, puisque son ambition est de mettre la recherche universitaire à la portée du grand nombre. Valérie Hannin, sa directrice, en retrace le parcours. Hervé Hugueny, enfin, dresse un état des lieux de la production des livres d’histoire et de ses évolutions.

L’histoire sur papier glacé par Claire Blandin
L’Histoire : revue et magazine par Valérie Hannin
Les best-sellers de l’histoire par Hervé Hugueny

FEUE LA MAISON DE L’HISTOIRE DE FRANCE

Sans concerner directement l’enseignement de l’histoire, le projet de « Maison de l’histoire de France » lancé par Nicolas Sarkozy répondait au souci de diffuser aussi largement que possible la connaissance de l’histoire du pays. Aussi n’était-il pas inutile de se faire l’écho dans ce numéro de la controverse qui a entouré ce projet finalement abandonné. Étienne François, partie prenante du projet, rappelle les étapes de son élaboration et expose les raisons qui lui font considérer qu’il s’agit d’une occasion manquée. Pierre Nora revient de son côté sur les motifs de son scepticisme initial et sur les conditions auxquelles l’idée aurait pu prendre sens.

Une trop brève existence par Étienne François
Feu sur la Maison de l’histoire de France par Pierre Nora

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